Meules fertoises

Quelques notes sur l’industrie meulière à La Ferté-sous-Jouarre
et une trouvaille…


À l’occasion d’une excursion sur la côte ouest de la Suède, à Viken (au nord d’Helsingborg), nous sommes tombés sur ces meules en pierre meulière d’un moulin à vent du XIXe.
D’après M. Jacques Beauvois, à qui nous avons soumis ces images, la facture des meules et la nature de la pierre utilisée laissent penser qu’elles proviennent probablement d’un atelier fertois…

Meule 1a
Meule 2 Meule 1b


Société GÉNÉRALE Meulière

Société anonyme au capital de TROIS MILLIONS de francs
Siège Social : LA FERTÉ-SOUS-JOUARRE (Seine-et-Marne)


MEULES, ARTICLES ET APPAREILS DE MOULINS

Premières Récompenses à toutes les grandes Expositions de France et de l’Étranger
Exposition Universelle de Paris 1900, HORS CONCOURS, (Membre du Jury)
Exposition Internationale de Lille 1902, GRAND PRIX


OBSERVATIONS ESSENTIELLES SUR LA TENUE DES MEULES


Il est indispensable, pour la bonne mouture et pour la conduite des meules dites anglaises et demi-anglaises d’observer de la manière la plus scrupuleuse les recommandations suivantes :

  1. Pour première condition, la meule courante doit être parfaitement équilibrée sur son pointal au repos et en marche.
  2. Afin que le blé puisse pénétrer entre les deux meules, il faut ménager l’entrée nécessaire à la meule supérieure; cette entrée doit être, à l’oeillard, suffisante pour qu’un grain de blé puisse faire la culbute ; elle doit se prolonger en s’amoindrissant, jusqu’à la feuillère où elle disparaît.
  3. Quant à la meule gisante, elle doit être parfaitement plane sur toute la surface.
  4. Le cœur des meules, et même l’entrepied jusqu’à la feuillère, doit être poli au marteau plat émoussé de manière à être lisse comme marbre si c’est possible.
  5. La feuillère a besoin d’être rapprochée le plus possible avant d’être rhabillée ; le rhabillage se fait légèrement, avec soin, au marteau plat, bien coupant, en acier fondu (le coupant de ces marteaux a 3 centimètres de large environ) ; on rhabille par petites ciselures ou tailles fines, si fines qu’on ne fait pour ainsi dire, que les sentir au toucher : ces ciselures se font sur les portants, dans le même sens que les rayons ; il en tient 10 environ dans 1 centimètre ; ne pas perdre de vue qu’il ne faut frapper qu’à tout petits coups.
  6. On rhabille chaque fois que cela est nécessaire, suivant le travail que l’on fait.
  7. La feuillère des meules ne doit pas avoir plus de 15 centimètres de large pour le diamètre de 1 m 30 et 18 centimètres pour 1 m 50.
  8. La feuillère est la partie principale de la meule : c’est cette patrie qu’un meunier intelligent doit soigner et avoir à cœur de conserver dans toute son intégrité, comme l’objet qui réclame le plus de soin et d’attention puisque c’est sur ses bords que s’écure le son et que se prépare la farine ; c’est elle qui finit la marchandise et affleure.
     Quant au milieu de la meule jusqu’à la feuillère, dans une bonne mouture, il ne doit faire que comprimer le grain, l’aplatir, l’amenuiser sans briser les sons.
  9. Les rayons doivent être toujours maintenus à leur profondeur; on les entretient (ou creuse) avec les marteaux à rhabiller quand ils sont émoussés, ou bien avec des marteaux spéciaux un peu plus forts, également plats. La profondeur des rayons est de 6 millimètres environ.
  10. Les meules, sauf l’entrée à la courante, doivent être parfaitement droites, et il est nécessaire pour s’assurer, s’il en est ainsi, de passer souvent dessus une bonne règle enduite d’une légère couche de rouge.
    Meule SGM Il faut ménager avec soin les bords des porosités ou frasières qui se trouvent dans toutes les pierres de premier choix de La Ferté.
     Les feuillères doivent s’appliquer exactement l’une sur l’autre sans aucune bosse. Les meules qui travailleraient en cœur ne donneraient qu’une marchandise échauffée non finie et mauvaise.
     Il est indispensable de vérifier la règle avec un régulateur.